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Environnement

Greenfin, ISR… comment s’y retrouver parmi les labels de la finance durable ?

Il est difficile de connaître les exigences auxquelles doivent se conformer les fonds communs de placement labellisés.
Juin 2020

L’Union européenne compte neuf labels de finance durable. Tous n’ont pas la même philosophie, ni les mêmes exigences. Voici quelques clés pour savoir ce qu’ils signifient.

Greefin, ISR, Ecolabel, Towards Sustainability… L’Union européenne compte actuellement neuf labels qui témoignent d’un investissement durable, mais tous n’ont pas la même signification. Schématiquement, on peut les classer en deux familles.

Les principaux labels européens de finance durable sont appelés « ESG ». Les gérants des fonds obtenant ces labels investissent en fonction des notations des entreprises selon les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). Il en existe six, plus ou moins exigeants avec les sociétés de gestion.

Plusieurs labels imposent aux gérants d’exclure certains secteurs économiques

Le label français, appelé ISR (Investissement socialement responsable), oblige la société de gestion à définir dans son univers d’investissement des entreprises dont au moins 90% ont obtenu une notation ESG. Ensuite, elles doivent réduire leur univers : les 20% des entreprises les plus mal notées ne pourront plus être sélectionnées. « L’évaluation ESG note les entreprises selon des critères très hétérogènes, fait observer Eric Borremans, responsable ESG chez Pictet Asset Management. Il faut se montrer prudent : certaines sociétés peuvent être très bien notées sur le plan environnemental, et avoir des résultats calamiteux sur le plan social… ou inversement ». Pour s’assurer que la notation globale des entreprises dans lesquelles elles investissent est bonne, certaines sociétés de gestion, comme Pictet Asset Management, ne sélectionnent leurs actions que parmi les 50% les mieux notées.

D’autres labels ESG exigent, en plus d’une analyse des critères ESG, l’exclusion de certains secteurs. Par exemple, FNG-Siegel (Allemagne, Autriche et Suisse) interdit d’investir dans l’armement, Towards Sustainability (Belgique) exclut également l’industrie du tabac, et Umweltzeichen (Autriche) bannit, en plus, l’industrie génétique. Le label français ISR et le label luxembourgeois LuxFLAG ESG n’imposent aucune exclusion sectorielle aux sociétés de gestion labellisées.

Tous imposent, en outre, de mettre à la disposition des investisseurs un rapport trimestriel sur les critères ESG. Mais la présentation de ce rapport, et les thèmes abordés, sont laissés à l’appréciation des sociétés de gestion. Toutefois, des travaux sont en cours pour prévoir une harmonisation européenne.

Les fonds « verts » ont souvent une capacité d’investissement limitée

Parmi les labels, on compte aussi la catégorie des labels verts, attribués aux fonds communs de placement investis dans des entreprises dont les activités sont tournées vers l’environnement. Le label Greenfin, dont les critères d’attribution sont définis par un comité présidé par le ministère de l’environnement français, donne des indications précises :

  • Les sociétés dont le chiffre d’affaires dans l’environnement est de 50% (ou plus) doivent représenter au minimum 20% des investissements.
  • Les sociétés dont le chiffre d’affaires issu de l’environnement pèse moins de 10% du chiffre d’affaires global ne doivent pas concentrer plus de 25% des montants investis.
  • Le reste des investissements doit être réalisé dans des entreprises dont le chiffre d’affaires issu de l’environnement est compris entre 10 et 50%.

Pourtant, les entreprises cotées en Bourse dont le métier principal est tourné vers les énergies propres et la lutte contre le réchauffement climatique ne sont pas très nombreuses. « Les opportunités d’investissement sont ciblées, ce qui explique que ces fonds aient souvent une capacité limitée », affirme Eric Borremans. Parmi les labels verts, on trouve le label français Greenfin, mais aussi les labels LuxFLAG Environment et LuxFLAG Climate Finance. Les deux plus contraignants sont Greenfin et LuxFlag Climate Finance.

Ainsi, à philosophie identique, les exigences pour obtenir les différents labels ne sont pas les mêmes. Une notion à garder en tête avant d’investir.

Points à retenir

  • Les neuf labels européens de finance durable n’imposent pas tous les mêmes normes aux sociétés de gestion.
  • Les labels attribués selon des critères ESG n’affichent pas tous les mêmes exigences et certains imposent en plus d’exclure certains secteurs économiques, comme les armes et le tabac, de l’univers d’investissement.
  • Les labels verts sont réservés aux fonds investis dans des entreprises dont une part significative du chiffre d’affaire est liée à la protection de l’environnement.
Article publié pour la première fois en Février 2020.