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Augmentations de capital : quelles questions faut-il se poser ?

Faut-il souscrire aux augmentations de capital ? Les actionnaires sont souvent perplexes.
Janvier 2021

Terre d'Epargne

Les augmentations de capital se multiplient et font hésiter les actionnaires. Qu’il s’agisse de financer de nouvelles acquisitions ou d’éponger des dettes devenues trop lourdes, ces opérations sont souvent défavorables aux porteurs d’actions, mais vitales pour les entreprises.

Alstom, Korian, Solocal, Damartex et même la SNCF : beaucoup de sociétés, cotées ou non, procèdent à des augmentations de capital à l’issue d’une année compliquée sur le plan économique. La liste devrait s’allonger dans les prochains mois. Pour les actionnaires, il est toujours délicat de savoir s’il faut souscrire, et quels seront les effets sur leurs titres.

Lorsqu’une entreprise lance une augmentation de capital, c’est souvent qu’elle a un impérieux besoin d’argent frais. Parce qu’elle est confrontée à des difficultés économiques imprévues, ou qu’elle souhaite financer un investissement stratégique, comme une nouvelle usine ou le rachat d’un concurrent, sans pouvoir compter sur sa trésorerie, ni sur ses banques.

Voilà qui fait hésiter les actionnaires, qui se demandent souvent si le management n’a pas été pris de court et cherche ainsi à faire face à un contexte économique dégradé, une baisse de chiffre d’affaires non anticipée, ou des pertes inéluctables. Pourtant, dans certaines situations, une recapitalisation peut s’avérer indispensable et aider l’entreprise à repartir du bon pied, en lui permettant de rembourser une partie de sa dette par exemple. Cette bouffée d’oxygène passera d’autant mieux aux yeux du marché si elle rendue nécessaire par des facteurs exogènes, comme, cette année, la Covid-19 et les confinements observés dans le monde entier. 

L’effet délétère de la dilution

Quelles que soient les raisons avancées par la direction, l’opération n’est pas sans conséquences pour l’actionnaire individuel : s’il conserve le même nombre d’actions, alors que des actions nouvelles sont émises, la part qu’il détient dans le capital va diminuer. On dit alors que les actions sont diluées.

Pour éviter ce phénomène, l’actionnaire peut souscrire à l’augmentation de capital. Mais il devra payer ses nouveaux titres s’il souhaite conserver une part identique au capital. Cet effort constitue alors un investissement qu’il n’avait pas forcément prévu. En outre, après l’opération, les dividendes devront se partager entre un plus grand nombre d’actions, ce qui les fera mécaniquement baisser. Enfin, à l’issue d’une augmentation de capital, le cours de l’entreprise met souvent du temps avant de remonter.

L’occasion de réfléchir à son investissement

La plupart des opérations sont ouvertes en priorité aux actionnaires existants. Elles prévoient la distribution, pour chaque action déjà détenue, d’un titre appelé droit préférentiel de souscription (DPS). Il en faut souvent plusieurs pour acheter une action nouvelle. Les actionnaires ont alors le choix : soit ils utilisent ce ou ces droits, soit ils les vendent (les DPS sont cotés) sur le marché à d’autres investisseurs intéressés par l’augmentation de capital. Ils encaissent alors une petite somme d’argent qui pourra les aider, partiellement, à compenser l’éventuelle baisse de leurs actions. La distribution de DPS n’est pas systématique et, à défaut, l’actionnaire se voit alors privé de cette compensation financière.

Dans tous les cas, une augmentation de capital doit amener l’actionnaire à s’interroger sur la pertinence de son investissement, qui peut être ancien. Car au-delà d’une possible perte de valeur à court terme, il doit surtout se demander s’il croit toujours aux perspectives de développement affichées par le management de l’entreprise, et au nouveau projet qui lui est présenté. C’est cette conviction dans l’intérêt stratégique de l’opération qui doit dicter son choix de souscrire à l’augmentation de capital. Ou à l’inverse, l’y faire renoncer.

L'essentiel à retenir

  • Les augmentations de capital se multiplient depuis quelques mois.
  • Elles sont souvent mal vues des actionnaires car elles diluent, mécaniquement, leur participation dans l’entreprise et font baisser leurs dividendes futurs.
  • Pour autant, il peut être pertinent d’y souscrire, à condition d’avoir des convictions fortes sur la société.
  • Dans le cas contraire, l’actionnaire peut revendre ses droits préférentiels de souscription. 
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