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Société

PME: pourquoi l’investissement en capital est encouragé par le gouvernement

Pour aider les TPE et les PME à traverser la crise, il faut renforcer leur capital.
Novembre 2020

Les entreprises non cotées, surtout les plus petites, font face à des difficultés importantes depuis le début de la crise sanitaire. Les épargnants peuvent les aider à renforcer leurs fonds propres en prenant part à leur capital. Des placements encouragés par des incitations fiscales.

Lorsque la diffusion de l’épidémie a rendu le confinement inévitable au printemps, les pouvoirs publics ont pris un grand nombre de décisions pour soutenir les entreprises. Parmi les mesures mises en place, le PGE, le prêt garanti par l’État.

Ce prêt public, les PME et les TPE (moyennes, petites et très petites entreprises) y ont massivement eu recours. L’objectif, dans toutes les têtes, était de faire face aux trous de trésorerie et d’afficher des finances assez solides pour traverser le premier confinement, et les quelques mois délicats qui devaient suivre.

Faire face au « mur de la dette »

A l’époque, les chefs d’entreprise espéraient que leur activité redémarre progressivement après la crise du printemps puis accélère à la rentrée, pour dégager les bénéfices leur permettant de rembourser les intérêts et le capital de leurs emprunts. Les conditions sanitaires, hélas, ne se sont guère améliorées et le deuxième confinement, qui pèse de nouveau sur l’économie, place beaucoup d’entre eux au pied du « mur de la dette ».

Les entreprises ont besoin d’autres sources de financement car elles ne peuvent pas emprunter à l’infini. Il est donc fondamental de les aider à retrouver une assise financière solide, en investissant à leur capital. Certaines entreprises, souvent en démarrage, l’ont d’ailleurs bien compris en s’adressant à des plateformes d’investissement participatif pour lever les fonds qui leur manquaient.

Pour les épargnants, soutenir les TPE et les PME en investissant à leur capital s’apparente donc à « une mesure de patriotisme économique », ainsi que l’a souligné le ministre de l’économie Bruno Le Maire lorsque BPI France, la banque publique d’investissement, a lancé son propre fonds d’investissement dans les PME. Il n’est pas question de faire du mécénat, mais d’investir avec un horizon de long terme, pour laisser le temps aux entreprises de se relever après cette période éprouvante.

Des incitations fiscales importantes

L’État encourage ainsi les investissements en capital des particuliers, avec des incitations fiscales importantes :

  • Les sommes apportées au capital de petites entreprises non cotées avant le 31 décembre 2020 donneront lieu à une réduction fiscale. L’investisseur verra son impôt sur le revenu baisser de 25% du montant investi. Attention, l’investissement donnant droit à réduction ne peut excéder 50 000 euros pour une personne seule, et 100 000 euros pour un couple.
  • Ceux qui n’ont pas forcément besoin de réduire leur impôt sur le revenu peuvent loger les titres de la société dans un PEA-PME : les dividendes qu’ils perçoivent et la plus-value enregistrée (s’il y en a une) seront exonérés d’impôt.
  • Les donations profitent, elles aussi, d’une exonération exceptionnelle cette année, et ce jusqu’au 30 juin 2021. Un parent ou un grand-parent peut donner jusqu’à 100 000 euros à ses enfants ou petits-enfants si cette somme sert à construire une maison, mais aussi à créer une société ou à renforcer le capital d’une PME réalisant moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce montant donné en franchise d’impôt s’ajoute aux autres donations possibles.

Ces incitations fiscales ne doivent pas faire oublier aux épargnants les objectifs de tout bon investissement. Entrer au capital d’une entreprise non cotée est un engagement de long terme. Pendant la durée de l’investissement, il arrive que la société ne verse pas de dividendes, surtout si elle se trouve dans une situation difficile. Avant de se lancer, il est donc fondamental de croire dans la pérennité de l’entreprise. L’investisseur doit aussi veiller à ne placer que des sommes dont il n’a pas besoin pendant une dizaine d’années : même si l’entreprise prospère et se développe, les possibilités de sortie et de revente des parts sont plutôt rares. Enfin, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un investissement risqué. En cas de faillite de l’entreprise soutenue, les actionnaires seront les derniers remboursés de leur investissement. Autant dire qu’ils peuvent tout perdre. D’où la nécessité de se montrer très sélectif et de n’y miser qu’une petite partie de son patrimoine. 

L'essentiel à retenir

  • Les entreprises, surtout les plus petites, se sont beaucoup endettées pour faire face à la crise économique. Elles ont besoin de retrouver une situation financière saine en renforçant leur capital.
  • Les épargnants sont incités sur le plan fiscal à investir dans les PME.
  • Pour autant, il ne faut pas perdre de vue l’objectif d’un investissement. Il ne s’agit pas de soutenir artificiellement une entreprise en crise, mais d’aider des sociétés pérennes à passer un cap difficile. 
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