ABONNEZ-VOUS À NOTRE LETTRE D'INFORMATION

Pour suivre nos actualités et nos analyses de marché

Terre d'Epargne
Comprendre la finance Anticiper les tendances de marché Gérer son patrimoine
Société

Idée reçue sur la finance responsable: il faut choisir entre responsabilité et performance

Les fonds de placement gérés de façon responsable ont souvent de meilleures performances que ceux gérés de façon traditionnelle.
Septembre 2021

Terre d'Epargne

Les investisseurs redoutent souvent que la gestion responsable atténue les performances de leurs placements. Pourtant, la gestion respectueuse de l’environnement, des critères sociaux et d’une bonne gouvernance n’exclut pas de bons résultats. Au contraire.

Parmi les éléments qui rebutent certains épargnants et les freinent dans leurs investissements sur les marchés, figurent les attitudes parfois irresponsables de certaines sociétés. Politique climat dangereuse, conditions de travail dégradées, exploitation des enfants, utilisation de matériaux difficilement recyclables sont incompatibles avec leurs valeurs.

Une gestion vertueuse n’est pas incompatible avec de bons résultats

Et dans le même temps, ils pensent parfois qu’une attitude responsable des entreprises est incompatible avec de bons résultats financiers. Pour eux, si une entreprise veut obtenir de meilleures marges d’exploitation, elle n’a pas le choix: elle doit sacrifier certains principes humains et moraux. Par exemple, privilégier l’utilisation de matériaux d’emballage très polluants, mais nettement moins onéreux. Ou encore, avoir recours à une main d’œuvre très mal payée, travaillant dans des conditions proches de l’exploitation humaine, pour afficher un coût de revient plus bas, une meilleure performance économique et, par-là même, une meilleure cote auprès des investisseurs, qui peuvent espérer des dividendes plus élevés.

Pourtant, l’idée grandit dans l’esprit des investisseurs qu’une attitude vertueuse n’exclut pas de bons résultats. Au contraire même. Lorsqu’une entreprise est accusée de tricherie, d’entente sur les prix entre concurrents, d’exploitation humaine par l’un de ses sous-traitants, cela nuit fortement à sa réputation. Elle perd non seulement des clients, mais encourt aussi de très sévères peines judiciaires, qui peuvent lui coûter très cher. A vouloir améliorer ses résultats financiers au mépris de certains principes humains, elle prend finalement le risque d’une grosse contre-performance économique et boursière.

Les fonds gérés de façon responsable n’investissent pas dans les sociétés présentant un risque de réputation

Voilà pourquoi les acteurs de la finance responsable scrutent non seulement les résultats financiers des sociétés, mais aussi leurs performances extra-financières, en se fondant sur des critères ESG (environnementaux, sociaux, et de gouvernance). Ils sélectionnent les valeurs dans lesquelles ils investissent selon une grille qui leur est propre, en excluant souvent les secteurs industriels les plus polluants et ceux de l’armement ou du jeu, par exemple. Et lorsqu’ils investissent dans une entreprise, ils surveillent, en plus des risques financiers, sectoriels et d’exploitation, son risque de réputation. Lorsqu’une société pose problème, ils cèdent progressivement leurs parts.

Loin d’être coûteuse, cette stratégie se révèle gagnante. En effet, régulièrement, dans les sociétés où un scandale explose, d’autres signaux, notamment ceux d’une gouvernance trop concentrée, ont alerté les fonds qui gèrent selon les critères ESG, et les ont détournés des sociétés problématiques. Souvent, au moment où l’affaire est révélée, les sociétés de gestion qui utilisent les critères ESG n’ont pas en portefeuille le titre qui pose problème. Résultat: leurs performances sont souvent meilleures que celles des fonds communs de placement gérés sans regarder les critères ESG.

A titre d’exemple, sur quatre ans, l’indice MSCI ACWI (All Country World index) progresse ainsi de 50%. Dans le même temps, l’indice MSCI ACWI ESG Universal, son équivalent mais intégrant des critères ESG, a progressé, lui, de 54%1. La responsabilité et la performance ne sont donc pas incompatibles.

L'essentiel à retenir

  • Les épargnants ont peur de perdre en performance s’ils investissent de façon responsable.
  • Pourtant les gérants de fonds attentifs aux critères extra-financiers écartent rapidement de leurs portefeuilles les sociétés qui présentent un risque de réputation.
  • Ainsi, ils atténuent les à-coups liés à certaines sociétés, et peuvent même afficher de meilleures performances que les fonds gérés de façon traditionnelle.
Recevez les dernières actualités liées à la gestion de patrimoine S'abonner à la newsletter