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Société

Idée reçue sur la finance responsable: il est impossible de savoir si la gestion est vraiment responsable

Les fonds d’investissement responsables n’ont pas toujours le même degré d’exigence.
Septembre 2021

Terre d'Epargne

La multiplication des fonds labellisés ISR et une communication créative ont créé une grande confusion dans les esprits et semé le doute chez les investisseurs. Que signifie une gestion responsable et surtout, comment s’assurer qu’elle l’est réellement?

L’investissement socialement responsable séduit de plus en plus d’investisseurs. Pour être en phase avec leurs besoins et leurs exigences, beaucoup de sociétés de gestion ont revu leur approche d’investissement et obtenu le label ISR pour certains de leurs fonds. On compte, à la fin septembre 2021, plus de 750 fonds revendiquant le label. 

Il était jusqu’ici difficile pour l’investisseur de s’y retrouver

Pour l’épargnant soucieux de placer son argent de façon responsable, il est difficile de s’y retrouver. D’autant que toutes les sociétés n’ont pas la même approche. Certaines excluent d’emblée des secteurs d’activité, d’autres ont un univers d’investissement plus large mais vérifient que les entreprises sont sur une trajectoire d’amélioration de leurs critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Toutes les sociétés de gestion n’investissent pas non plus les mêmes moyens dans leur recherche et leurs investigations auprès des sociétés. Ces approches variées, qui ne sont pas toujours en phase avec les attentes de l’investisseur final, peuvent semer de la confusion dans les esprits.

Les règles changent progressivement pour éviter l’utilisation abusive des termes «durable» et «responsable»

Pour permettre à l’investisseur final de s’y retrouver, de nombreuses initiatives réglementaires ont vu le jour. La dernière, entrée en vigueur en mars 2021, s’appelle la SFDR (sustainable finance disclosure regulation). Elle s’attaque au marketing des sociétés de gestion, en imposant des règles strictes en matière de communication.

Selon le degré d’exigence d’un fonds sur les critères sociaux et environnementaux, la façon dont il est promu auprès du public doit être différenciée. Ceux qui utilisent une approche d’investissement responsable, mais discrétionnaire, ne peuvent plus utiliser les termes «responsable» ou «sustainable» ou encore «ESG» dans leur nom. Ils n’ont pas non plus le droit de l’utiliser dans leurs plaquettes commerciales.

Aujourd’hui, les fonds pouvant revendiquer une gestion «durable» ou «responsable» sont ceux qui excluent certains secteurs d’activité, comme les armes, les jeux d’argent ou l’industrie pornographique, ou encore l’énergie issue du charbon. D’autres fonds peuvent aussi utiliser ces termes en plus de l’expression «impact». Ce sont ceux qui investissent dans des sociétés ayant un réel impact sur l’environnement ou la société, comme l’éducation, la santé ou les énergies renouvelables.

Des règles de communication encore plus strictes à partir de 2022 et 2023

Dans le même temps, pour aller plus loin, la Commission européenne a défini quelles activités peuvent être qualifiées de durables, et quels métiers ou industries ne peuvent pas l’être. Ce cadre s’appelle la taxonomie européenne. La commission européenne a également précisé une liste de PAI, c’est-à-dire des «Principal Adverse Impact» (émission de polluants dans l’eau, diversité insuffisante dans les conseils d’administration, politique de rétablissement des égalités salariales insuffisante…). Pour tous ces points, les sociétés de gestion auront l’obligation, dès juillet 2022, de préciser si elles s’y conforment, ou pas, dans leurs investissements. A partir de 2023, ce sont les entreprises elles-mêmes qui devront publier des données précises sur le sujet.

Le tout, avec un double objectif: une plus grande transparence pour l’investisseur final, mais surtout, à terme, l’orientation des capitaux vers des sociétés qui agissent de façon plus responsable.

L'essentiel à retenir

  • La multiplication des fonds obtenant les labels Greenfin et ISR sème la confusion et le doute chez les investisseurs.
  • La Commission européenne règlement aujourd’hui strictement l’utilisation des termes «durable», «responsable», «ESG», et «à impact» pour permettre à l’investisseur final de s’y retrouver
  • D’autres règlements entreront en vigueur en 2022 et 2023 pour toujours plus de transparence.
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