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Quelle part d’actions faut-il détenir dans son patrimoine ?

La plupart des actions sont encore bon marché et il est tentant de réaliser de bonnes opérations. A condition de ne pas y investir toute son épargne financière.
Septembre 2020

Le Cac 40 a perdu 36,9% entre le 19 février et le 19 mars, et beaucoup d’épargnants ont profité de cette forte baisse pour acheter des actions. Quelle que soit la situation des marchés, ils doivent rester prudents et calculer quelle somme ils peuvent consacrer à leurs investissements boursiers.

La crise économique liée au Covid-19 a provoqué une lourde chute des marchés au printemps, qui se sont dépréciés de 36,9% en un mois avant de se ressaisir : à la fin août, ils ont regagné 34% depuis leur point bas du 18 mars. Beaucoup d’investisseurs, y compris chez les particuliers, en ont profité pour reprendre des positions sur les actions. Jusqu’où peuvent-ils aller dans leurs investissements sans mettre en péril leur patrimoine ?

Il existe plusieurs règles pour définir la part d’actions idéale.

La plus classique consiste à dire que plus l’épargnant est jeune, plus il peut se permettre de prendre des risques avec son patrimoine financier, et plus il doit détenir d’actions. Selon cette règle, au fur et à mesure qu’il avance en âge, il doit désensibiliser son portefeuille au risque des marchés, et donc céder progressivement ses actions.

Cette règle doit être nuancée. Un jeune qui souhaite utiliser son épargne pour acheter son logement, par exemple, ne doit surtout pas investir ces sommes sur les marchés. Il pourrait, en cas de krach, voir fondre son apport personnel et être obligé de différer son projet de plusieurs années. A l’inverse, des seniors déjà propriétaires de leur résidence principale, qui disposent d’une confortable retraite, et possèdent d’importantes liquidités disponibles immédiatement, n’ont aucun intérêt à réduire leur portefeuille d’actions. Dans les périodes plus prospères que celle que nous traversons, les actions leur rapportent régulièrement des dividendes, tandis que les obligations, réputées plus sures, ont vu chuter leurs taux de rendement de façon très forte au cours des dernières années. Ainsi, cette recommandation d’alléger son portefeuille en vieillissant n’est pas pertinente pour tous.

L’argent investi en actions doit être considéré comme indisponible pendant dix ans

Une autre règle, en revanche, peut guider la plupart des épargnants : l’argent investi en actions doit être considéré comme indisponible pendant dix ans ou plus. La Bourse est un investissement de long terme. Si les secousses des marchés sont, en général, absorbées par le temps, elles imposent précisément que les investisseurs aient de longues années devant eux.

Cela suppose qu’avant d’investir en Bourse, un épargnant doit disposer de liquidités importantes pour faire face aux imprévus : la plupart des spécialistes recommandent de détenir entre trois et six mois de salaire sur des comptes immédiatement disponibles.

Le Livret A ou le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui permettent de loger respectivement 22 950 euros et 12 000 euros, sont idéaux pour placer ces sommes. Même s’ils sont mal rémunérés, il faut veiller à les maintenir à flot.

Pour certains, les livrets ne suffisent pas, car l’épargne de précaution doit être nettement plus élevée : un an de revenus, au moins, pour ceux qui ont des rentrées d’argent aléatoires. C’est notamment le cas des indépendants et des chefs d’entreprise, qui ont souvent été touchés de plein fouet par la crise et guettent les signes de reprise avec angoisse. Ceux-là, s’ils le peuvent, doivent avoir des livrets pleins et compléter leur enveloppe de précaution avec le fonds en euros de leur contrat d’assurance vie ou un Plan d’épargne logement (PEL)

Pour investir, il ne faut pas rechercher le meilleur point d’entrée

Un épargnant qui n’est pas propriétaire mais envisage de l’être doit conserver la majeure partie de son épargne à l’abri des secousses des marchés. Pour ceux qui ont déjà acquis leur logement, plus le remboursement du crédit est avancé, plus il sera possible d’exposer une part importante de son épargne.

Toutes ces recommandations semblent décourageantes pour ceux qui souhaitent saisir les meilleures opportunités dans un marché où certains titres sont encore nettement sous-valorisés. Qu’ils ne renoncent pas pour autant : la façon la plus rationnelle de faire fructifier son argent en Bourse consiste, précisément, à ne jamais rechercher le point le plus bas pour entrer sur les marchés mais, au contraire, à placer de petites sommes dans le cadre d’investissements réguliers.

L'essentiel à retenir

  • Beaucoup de particuliers s’intéressent au marché des actions mais ne savent pas quelle part de leur épargne investir.
  • Raisonner par tranche d’âge n’est pas toujours la façon la plus pertinente pour trouver l’allocation idéale.
  • Il est important, avant d’investir en Bourse, de conserver une épargne de précaution, dont le montant doit être deux fois plus important pour ceux qui ont des revenus aléatoires.
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