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Que faire de l’épargne forcée accumulée pendant le confinement ?

Etoffer ses livrets pour se rassurer ou dépenser pour relancer la croissance, le choix des épargnants sera déterminant dans les prochains mois.
Juillet 2020

Le confinement a contraint les Français à une épargne forcée importante. Inquiets pour l’avenir, ils sont tentés de conserver ces sommes sur des livrets. Pourtant, il y a plusieurs façons d’utiliser ces montants pour aider le pays à repartir.

Le confinement a privé les Français de consommation : leur épargne de précaution a considérablement augmenté pendant cette période. L’OFCE (l’Observatoire français des conjonctures économiques) a évalué l’épargne forcée de ces huit semaines de confinement strict à 55 milliards d’euros.

Rapporté aux quelque 29 millions de ménages, ce montant laisse une enveloppe d’épargne supplémentaire de 1 896 euros par foyer. Principaux destinataires de cette épargne qui a peu coûté aux Français : les livrets d’épargne réglementée, livret A en tête. En mars, les encours de ce dernier ont augmenté de 2,71 milliards d’euros, et de 5,47 milliards d’euros en avril. Des montants de collecte deux fois plus importants que les mois précédents, et des encours records, qui dépassent les 310 milliards d’euros. Plus étonnant, même depuis le déconfinement, les Français continuent à alimenter fortement ces comptes. En mai, ils ont encore déposé 3,98 milliards d’euros pour le livret A et 1,16 milliards d’euros pour le LDDS au mois de mai. Un comble puisque le taux de rémunération du livret A et du LDDS (livret de développement durable et solidaire) n’a jamais été aussi faible : 0,5 % par an depuis février 2020.

Dans le même temps, l’assurance vie a connu deux mois de décollecte en mars et en avril : -2,2 milliards d’euros et -1,9 milliards d’euros. L’incertitude des Français sur l’ampleur du choc sanitaire et économique a accru leur besoin d’être rassurés avec une épargne mobilisable du jour au lendemain, disponible immédiatement.

Cette épargne de précaution est très importante : les spécialistes recommandent d’avoir toujours à disposition entre trois et six mois de revenus pour faire face à un imprévu, comme la panne d’une voiture utilisée pour les trajets quotidiens, par exemple. En temps de crise, les Français ont tendance à faire grossir ces montants, car la probabilité d’une perte d’emploi, ou d’une baisse de revenus, est plus importante. Pourtant, au-delà de ces trois à six mois de salaire, les livrets ne sont pas adaptés pour héberger les économies des Français car ils sont mal rémunérés et ne protègent pas de l’inflation (0,4 % sur un an au mois de mai selon l’Insee, mais 1,5 % en 2019). Quelles options s’ouvrent alors aux particuliers ?

Investir dans une entreprise : un choix pertinent

Certains peuvent penser aux autres, et vouloir financer, par des dons, les associations d’aide aux plus démunis qui ont dû faire face à une demande inédite depuis le début du confinement. Ceux qui souhaitent conserver ces sommes coûte que coûte doivent privilégier un horizon de long terme, avec des investissements productifs. En plaçant leur épargne dans le capital des entreprises, ils dynamisent le tissu entrepreneurial et soutiennent les sociétés qui, malmenées par la crise, ont vu leur chiffre d’affaires baisser ou vont devoir faire face à un important besoin de liquidités au cours des prochains mois. Investir dans des sociétés cotées, ou non, c’est un pari de long terme, avec sa part inhérente de risque, sur l’avenir d’un secteur et sur les compétences d’une équipe de direction. Mais c’est aussi la perspective, à terme, d’une plus-value qui peut être significative et, surtout, de rendements nettement meilleurs que ceux des livrets.

Une autre façon pertinente d’utiliser cette épargne forcée est de la dépenser pour relancer la consommation. La logique, dans ce cas, consiste à se dire que les sommes accumulées ne constituent pas une réserve d’épargne mais simplement une enveloppe de trésorerie, pour des dépenses qui ont été différées par le confinement. En réinjectant une partie de leurs livrets dans l’économie, les Français amorceront le mouvement de reprise. Une gymnastique intellectuelle pas forcément évidente car il est difficile, en temps normal, d’épargner des sommes aussi conséquentes. Mais ce volontarisme témoignera d’un regain de confiance et contribuera, trimestre après trimestre, à aider le pays à repartir. 

L'essentiel à retenir

  • Les Français ont accumulé 55 milliards d’euros d’épargne forcée pendant le confinement. 
  • La tentation est grande de les laisser dormir sur des comptes courants ou des livrets.
  • Pourtant, en investissant ces sommes en Bourse, ou dans des sociétés non cotées, plus petites, les épargnants participeront à la relance de l’investissement productif.
  • Ils peuvent également dépenser une partie de cette trésorerie et soutenir ainsi la consommation, ce qui constituera un levier efficace pour faire repartir la croissance.