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Retraite

Départ anticipé à la retraite : les pistes pour faire ses comptes avant d’accepter

Avec les plans de réduction des coûts qui s’annoncent, certains seniors vont se voir proposer des départs anticipés.
Juillet 2020

La vague de plans de sauvegarde de l’emploi qui s’annonce va toucher les seniors de plein fouet. Certains sont déjà interrogés sur le sujet par leur direction, alors même qu’ils pensaient rester en poste jusqu’à 66 ou 67 ans. L’opération n’est pas toujours défavorable, mais il faut faire ses calculs avant d’accepter.

L’emploi des seniors est une constante préoccupation des gouvernements qui se sont succédé depuis des décennies. A force d’incitations et de mesures spécifiques, il a considérablement augmenté. Le taux d’emploi des 55-64 ans s’élevait, à la fin 2019, à 53,9 %. Dix ans plus tôt, il se situait sous la barre des 40 %, selon la DARES (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du Ministère du Travail.

La crise économique qui s’annonce risque de mettre un coup d’arrêt à cette tendance : les directions des entreprises consultent à tout-va pour lancer d’importants plans de sauvegarde de l’emploi à partir de la rentrée. En première ligne, certains seniors vont se voir proposer de quitter leur entreprise plus tôt que prévu. Avant d’accepter, voici quelques pistes de réflexion pour faire sereinement ses calculs. Et pour négocier avec des arguments chiffrés.

Avoir une idée claire de sa situation avec un bilan retraite

La priorité est de connaître son revenu futur. Il faut s’en assurer soit auprès d’une caisse d’assurance vieillesse, soit en effectuant un bilan de retraite complet auprès d’un organisme privé qui prodiguera souvent des conseils avisés. Il pourra notamment aider le futur retraité à décider de l’opportunité, ou non, de racheter des trimestres auprès de l’assurance retraite.

Dans tous les cas, il est important de comprendre la différence entre l’âge de départ légal (celui où l’on peut solder ses droits à la retraite, mais en subissant une décote) et l’âge de départ à taux plein. La réforme des retraites prévue à l’hiver 2019 n’étant pas votée, c’est l’ancien système qui s’applique :

  • Pour les assurés nés en 1954, l’âge de départ légal est de 61 ans et 7 mois et l’âge de départ à taux plein est de 66 ans et 7 mois.
  • Pour ceux qui sont nés en 1955 et après, le départ légal est à 62 ans et le départ à taux plein est à 67 ans. 
Certains salariés, qui ont atteint l’âge légal mais pas celui du départ à taux plein, se verront proposer un licenciement, et seront pris en charge par l’assurance chômage. Dès qu’ils atteindront l’âge de départ à taux plein, l’assurance retraite prendra le relais. Dans tous les cas, il est important pour le salarié de savoir s’il part avec un droit à taux plein, et dans le cas contraire, quel est le montant de la décote qu’il subira, afin de connaître avec précision le montant de ses futurs revenus.

Faire coïncider revenus et besoins futurs

Il faut ensuite comparer la pension prévue et le train de vie futur, afin de s’assurer que les deux coïncident. La situation sera encore plus favorable si les revenus couvrent les dépenses et permettent de continuer à avoir un petit excédent de trésorerie pour faire face aux imprévus. Bonne nouvelle : longtemps, les jeunes retraités ont fait face à une première année difficile, car ils devaient payer au cours de l’année N, année à faibles revenus, l’impôt correspondant à l’année N-1, année à revenus deux fois plus élevés. A présent, avec le prélèvement à la source, l’impôt payé est celui de l’année en cours. L’année juste avant la retraite, l’impôt est élevé, et il baisse dès que le salarié quitte son entreprise et que son revenu diminue.

Certains cadres se retrouvent avec un revenu de remplacement inférieur à 50% de leur dernier salaire. Même s’ils y sont préparés, il s’agit d’un choc financier important, et ils devront utiliser leurs économies pour répondre à leurs besoins. L’époque où les retraités comptaient sur les seuls revenus de leur épargne pour compléter leur retraite est révolue : aujourd’hui, les rendements sont très faibles, il faut donc considérer que les sommes patiemment mises de côté seront rapidement entamées.

Le calcul pour savoir si elles sont suffisantes consiste à définir un revenu annuel complémentaire, et à multiplier ce chiffre par le nombre d’années correspondant à son espérance de vie. Il donne une idée du capital dont il faut disposer pour vivre selon son train de vie idéal.

Si l’épargne accumulée ne correspond pas au montant calculé, plusieurs pistes existent pour dégager une marge de manœuvre financière, comme le viager ou la vente de la nue-propriété de sa résidence principale. Mais attention, les délais de ventes dans ces situations sont nettement plus longs que pour des transactions classiques, car le marché est plus restreint. Il faudra donc disposer de liquidités suffisantes pour compéter son revenu pendant toute la période de la vente.

L'essentiel à retenir

  • Avant d’accepter un départ dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, il faut avoir une idée très claire du montant de ses revenus à la retraite.
  • Il est aussi important de s’assurer que ses revenus correspondent bien à ses dépenses, et qu’une épargne suffisante a été provisionnée pour compenser partiellement la baisse de niveau de vie.